Le magazine Terre et Nature a consacré un article de son édition du mois de mars 2007 aux sols stratifiés et a fait appel à notre société afin d'obtenir des informations et des conseils sur ce type de revêtement. Il s'agissait pour la rédaction du magazine, de donner un aperçu des possibilités offertes au grand public dans le domaine des revêtements de sol.

Le texte complet de l'article vous est présenté ci-dessous (édition originale de l'article au format PDF)

Le stratifié fait illusion

"Bien qu'il contienne 80% de bois (fibres de bois, copeaux de bois...), le stratifié ne fait pas pour autant partie de la famille des parquets, explique Oscar Novelle, de la société Albos, à Pully (VD). Il est composé de plusieurs couches de panneaux HDF (haute densité de fibres) dont les particules de bois ont été mélangées à de la résine avant d'être pressés à chaud."

Quelle que soit sa qualité, le stratifié se compose de trois couches successives de matériaux:

  • Sur la couche supérieure se situe le parement. On trouve à ce niveau le papier décor, revêtu de l'overlay (ou couche d'usure) en résine de mélamine.
  • Ensuite, on trouve l'âme centrale, composée d'une couche de HDF ultrarésistant ou, pour les moyennes gammes, de MDF (moyenne densité) dont les particules sont amalgamées au moyen d'une colle spéciale.
  • Enfin, le contre-parement, situé à la base, fait office de couche antidéformation.

Comment distinguer le bon stratifié d’un produit bas de gamme?

Avant d’acheter, il faut regarder plusieurs choses. La première, c’est l’épaisseur du panneau de support en HDF, plus il est dense et meilleur sera le stratifié. Les produits bas de gamme sont généralement composés de panneaux d’aggloméré plutôt que d’éléments HDF. Il faut encore s’assurer que, lors de la fabrication, le stratifié a été comprimé à haute pression (HPL), préférable à une basse pression (DPL).

Ensuite, un revêtement intégrant une couche d’isolation acoustique et une protection contre l’humidité se situe en haut du panier!

Vérifiez enfin le système de fixation. Un stratifié équipé du système breveté «Uniclic» est supérieur à celui qui impose l’utilisation de colle au moment de la pose. En effet, Uniclic facilite la pose et il est possible et facile de récupérer son revêtement en cas de déménagement ou de changer une lame détériorée.

Les avantages…

  • La dureté du matériau! Ce revêtement, lorsqu’il est de qualité, peut recouvrir les lieux à fort passage. Il se montre très résistant à l’usure et aux coups. Ainsi, les talons ne marquent pas le sol et n’entraînent pas non plus de problème en cas de brûlures de cigarette.
  • Il est facile à poser et à remplacer au cas où le papier décor est abîmé après avoir laisser tomber un marteau ou un fer à repasser, par exemple. La rapidité de pose permet de marcher sur le revêtement sans plus attendre.
  • Une grande variété de décor qui va jusqu’à reproduire les veinures du bois, ses noeuds ou à varier les tonalités, les formats (proposées dans divers longueurs et largeurs jusqu’à 19 mm) et les finitions avec des aspects huilé, vieilli, satiné ou patiné. L’illusion est parfois trompeuse grâce aux accessoires assortis allant des chanfreins aux seuils de portes et autres plinthes.
  • Hygiénique. Grâce à sa surface en mélamine, le stratifié possède une surface fermée qui empêche la poussière et les bactéries de s’incruster.
  • L’entretien. Un balai ou une pâte humide suffit au quotidien. Pour un nettoyage plus approfondi, Oscar Novelle conseille l’utilisation d’un produit nettoyant spécifique et généralement vendu par le fabricant.
  • Les prix. Ils démarrent généralement autour de 15 fr. le mètre carré pour les produits bas de gamme et vont jusqu’à 70 fr. le mètre carré pour des lames de grande qualité. Une alternative valable au bois qui affiche en moyenne 120 fr. le mètre carré.

… et les inconvénients

  • L’esthétique. Bien sûr, ce n’est pas du bois et à côté d’une planche de chêne massif, on fait vite la différence mais les fabricants améliorent d’année en année la qualité du décor
  • Le bruit. Au niveau acoustique, le stratifié peut agacer avec le «clac clac» qu’il génère dès lors que l’on marche avec des talons durs sur le revêtement. Mais les sous-couches phoniques, en mousse compressée haute densité, à glisser sous les lames au moment de la pose, amortissent de 50% le bruit. L’emballage de la sous-couche précise le nombre de décibels.
  • Ecologiquement, le stratifié a quelques mauvais côtés: il contient du formaldéhyde et les fabricants n’ont encore rien trouvé de mieux pour lier les panneaux entre eux. Mais ils plancheraient sur la question… Le stratifié n’est pas un produit recyclable.

La pose

La plupart des stratifiés s’installent en pose flottante. L’application de colle dans les rainures des lames est indispensable pour une meilleure tenue. En revanche, les lames équipées du système Uniclic, s’emboîtent les unes dans les autres en insérant la languette dans la rainure et en s’aidant pour cela d’un bloc de frappe ad hoc. Donc pas besoin de colle!

"Le stratifié s’installe sans problème sur un plancher chauffant ou sur un carrelage pour peu que celui-ci ne comporte pas de différences de niveaux ni d’aspérités. Sinon l’ajout d’une couche isolante est préférable. Sur une moquette à poils ras, il n’y a techniquement pas de problème si vous supportez de garder un vieux revêtement pas toujours propre sous vos lames. En revanche, évitez une pose sur une moquette à poils longs."

Les classes

«Pensez à ouvrir les paquets de lames quarante-huit heures avant la pose. Une pièce tempérée entre 15 et 20° C et avec une humidité relative entre 50 et 60% sera parfaite. N’oubliez pas de contrôler les lames à la lumière avant la pose. Mélangez les lames de différents paquets pour éviter de poser des lames plus claires ou plus foncées ensemble», explique Oscar Novelle. Et dans les grandes pièces, n’oubliez pas de laisser un joint de dilatation entre huit et dix millimètres tout le long du périmètre du sol, cela évitera que le sol ne bouge trop avec les saisons.

On ne posera pas le même stratifié dans un couloir, une chambre à coucher ou un débarras. Pour vous aider à choisir, sachez qu’il existe sur les emballages des produits des indications représentées par des petits pictogrammes: un à trois personnages sous lequel s’inscrit un chiffre indiquant la classe d’usage. Ces classes ont été établies selon la norme EN 13329 et se distinguent en fonction de la sollicitation du revêtement. Ainsi pour l’usage domestique, la classe 21 (usage modéré) sera suffisante pour un débarras ou une chambre à coucher, alors que l’on préférera la classe 22 (usage normal) dans un salon et une classe 23 (usage élevé) pour un couloir ou une cage d’escalier.